Pour moi, l’histoire du Français Guillaume Sauzedde et de son film est comme une cadre saisissant ; un instantané de la transformation intérieure que nous, Ukrainiens, vivons actuellement.
Un moment où l’empathie, l’intelligence, l’humanité, une analyse honnête et la résistance à la guerre métamorphosent l’espace et l’individu. En 2024, Guillaume a enregistré une série d’entretiens vidéo avec son téléphone portable, qui ont constitué la base de ce film : « De ma fenêtre – Carnets de Lviv ».
Durant son séjour de dix jours en Ukraine, il a filmé tous les aspects de la vie quotidienne en temps de guerre : dans des abris souterrains, des centres d’aide humanitaire volontaire, des cimetières, des églises, des hôpitaux. Le film ne comporte aucune scène de guerre, mais l’atmosphère de conflit imprègne chaque instant. Guillaume a perçu l’essentiel : ce qui pousse les Ukrainiens à résister. La réalisation du film est aussi le récit de sa propre transformation.
Que disent les Français à propos du film ?
« Guillaume Sauzedde est un citoyen ordinaire qui a réalisé un documentaire extraordinaire. » (Source)
« Ce film est un véritable tour de force et de sensibilité. Le résultat est bluffant. »
« Un documentaire et un témoignage extrêmement touchants, qui atteignent pleinement le but. »
« Un documentaire d’une rare intensité et d’une immense générosité…»
« C’est un film pour voir l’Ukraine autrement, pour comprendre, à travers une fenêtre ouverte sur le réel, ce que vivent celles et ceux qui résistent. » (Source)
« Improvisator » a rencontré Guillaume Sauzedde pour nous voir – à travers son regard.
– Bonjour Guillaume ! Pourriez-vous vous présenter brièvement : d’où venez-vous, quelle est votre profession, quels sont vos centres d’intérêt ?
– J’aime me présenter comme un Français ordinaire, dans le sens où faire un film n’est pas du tout mon métier. Je travaille depuis dix-huit ans dans le service public de l’emploi, mais au départ j’avais fait des études d’économie et de relations internationales. Cela explique peut-être mon intérêt pour le monde qui m’entoure, notamment l’Ukraine et bien d’autres endroits où les gens se battent pour leur liberté et leur émancipation. A vrai dire mes centres d’intérêt sont très nombreux : les relations humaines, la musique, la protection du vivant, la lutte contre les inégalités… la liste est longue !
– Pouvez-vous nous raconter le moment où vous avez décidé de partir en Ukraine pour la première fois, et pour quelles raisons ?
– Je pense que beaucoup de gens hors d’Ukraine ont ressenti une forme d’appel dès le 24 février 2022 : comme une voix intérieure disant « il faut que tu y ailles, que tu trouves un moyen de te rendre utile ». Certains l’ont vraiment fait, et ont traversé l’Europe pour aller aider sur place. Mais beaucoup de gens comme moi ont fait des choses beaucoup plus modestes, comme envoyer de l’argent, aller aux manifestations, sensibiliser leurs proches. C’est au bout de deux ans de guerre que l’on m’a un jour proposé de participer à un voyage en Ukraine, organisé par l’association Mriya, basée à Grenoble. L’idée était d’aller à la rencontre des Ukrainiens, d’essayer de comprendre la situation, mais aussi de découvrir un peu de leur culture, de leur histoire, et de revenir en France comme des “ambassadeurs” de la cause ukrainienne.
— La guerre battait déjà son plein — les considérations de sécurité ne vous ont-elles pas arrêté ?
– J’ai bien sûr beaucoup réfléchi, car j’ai une famille qui était très inquiète à l’idée de ce voyage, même si Lviv est très loin du front et qu’à l’époque elle était moins bombardée qu’aujourd’hui. Je n’ai pas dit oui tout de suite, mais j’ai vite compris qu’il fallait que je le fasse.
– Comment vous est venue l’idée de faire un film sur la situation en Ukraine ?
– Il y a quelque chose qu’il faut comprendre avec ce film : je n’avais pas prévu de le faire. Je ne suis pas venu en Ukraine pour réaliser un documentaire (et ça se voit, car je suis venu sans aucun matériel : je n’avais que mon smartphone !). L’idée m’est venue pendant le voyage, alors que j’étais à Lviv depuis déjà plusieurs jours. Tout ce que je voyais me semblait tellement important que je n’arrêtais pas de filmer avec mon téléphone portable, sans trop savoir ce que j’allais faire de ces vidéos. Les montrer à mes proches – que vont-ils en retenir ? Les partager sur Facebook – comment expliquer le contexte ? Petit à petit je suis arrivé à la conclusion que pour rendre ces vidéos compréhensibles pour les Français, il fallait que je les accompagne, avec un récit. Alors j’ai commencé par écrire des textes un peu tous les jours, et puis s’est imposée à moi l’idée d’un véritable film, où mes textes accompagneraient les images.
– À qui aimeriez-vous montrer ces vidéos à l’avenir ?
– Au monde entier ! A toutes celles et ceux qui ne se rendent pas compte que ce qui se passe en Ukraine est bien réel, tangible, que ça n’a rien d’une fiction qui se résume en quelques titres de journaux. Je veux faire entrer l’Ukraine dans leurs maisons. Je veux faire entrer les Ukrainiens dans leurs vies, d’une manière concrète.
– Lors de votre tournage des événements en Ukraine, qu’est-ce qui vous a impressionné ?
– J’ai été impressionné par la société ukrainienne tout entière : sa force, sa capacité à tenir debout, à s’organiser, à prendre soin, à rester vivante, et à se concentrer avec détermination sur ce qu’elle doit faire plutôt que de perdre son énergie dans la haine.

– Pensez-vous à des histoires ou situations en particulier ?
– J’ai évidemment été profondément touché par le témoignage d’Oleksii Anulia, qui a survécu aux pires tortures pendant huit ou neuf mois, et qui a tenu parce qu’il voulait que ses enfants ne l’oublient pas. Imaginer que ses enfants ne sachent même pas où il serait enterré : ici, au-delà de sa force de caractère et de sa très bonne condition physique, c’est aussi le lien, la famille, et j’ose dire l’amour qui l’ont empêché d’être brisé. Et j’ai ressenti ça à plusieurs occasions pendant mon court séjour à Lviv : le lien entre les gens, leur attachement – à leurs parents, à leurs professeurs, à leurs compagnons d’armes, ceux qui sont toujours là mais aussi ceux qui sont morts : personne n’est oublié, il y a un respect et un lien collectif que je ressens toujours au contact des Ukrainiens, y compris ici en France.
– Parmi tout ce que vous avez filmé, comment avez-vous choisi les moments qui resteraient dans le film ?
– Certaines scènes étaient si fortes qu’elles en étaient évidentes. Ca a été, dès le premier jour, le passage du convoi funéraire qui m’a totalement “attrapé” et bouleversé. Ca a été ce moment incroyable où, me promenant au hasard, je me suis retrouvé au milieu d’un concert de Neyodovana, avec tout le public qui entonnait avec elle cette vieille chanson ukrainienne. Ca a été la visite du cimetière militaire, évidemment. Je voulais montrer chaque visage.
Donc ces moments, je n’ai pas eu à les sélectionner car ils se sont imposés comme la raison d’être de ce film.

– Vous voulez dire que vous avez tout gardé ?
– Non bien sûr ! Mais je veux dire que le résultat du film est bien plus une histoire de renoncements que de sélection : il y avait trop de choses, je ne pouvais pas tout garder, et là ça a été très dur ! Chaque français que j’ai interrogé m’a accordé entre 40 minutes et une heure, et je n’ai gardé que quelques phrases qui me semblaient “plus importantes”. J’ai dû résumer en seulement quelques mots tout ce que nous ont expliqué les associations qui nous ont reçus, notre guide, les volontaires, le maire de Lviv, le responsable du centre Unbroken… J’ai eu peur de trahir tout ce temps qu’ils nous ont consacré, et j’ai pesé chaque mot de ma voix off pour être sûr que j’étais fidèle à ce que nous avions appris avec eux. Même l’interview finale de Sofiia Kozlova, qui pourrait sembler plus longue, n’est qu’une infime partie de tout ce qu’elle m’a expliqué.
J’ai malgré tout essayé de restituer toutes les histoires, sans totalement y parvenir. Il y a notamment la visite du refuge pour animaux que j’aurais aimé présenter, parce que le soin apporté aux animaux dans une Ukraine en guerre témoigne de l’humanité du peuple ukrainien : on voit d’ailleurs, dans des villages près du front, des bénévoles qui vont risquer leur vie pour récupérer les chiens et les chats, ou même pour sauver des œuvres d’art, parce que “être en vie” va bien plus loin que simplement sauver sa peau.
– Quel portrait général des Ukrainiens s’est progressivement dessiné lors du tournage ?
– C’est toujours difficile de faire des généralités car j’ai rencontré des personnes très différentes. Souvent en France on me demande “que pensent les Ukrainiens de ceci ou cela ?”, mais la société Ukrainienne est pleine de nuances, de désaccords, de complémentarités et de disputes, comme partout. Et ce que j’ai vu des Ukrainiens reste un minuscule échantillon ! Mais si je devais me risquer à parler de mentalité Ukrainienne, il y a déjà ce dont je vous parlais tout à l’heure : le lien, la vie, la capacité à faire société. Il y a son pragmatisme aussi, qui n’est pas quelque chose de froid ou de calculé, mais qui est là pour répondre à la seule question qui vaille : comment on fait pour tenir bon ? Comment on fait quand on n’a plus d’électricité ? Comment on fait quand on a des tas de blessés amputés et qu’on n’y connaît rien en prothèses ? Comment on fait pour aider nos proches sur le front quand l’armée n’a pas les moyens de fournir le matériel ? Et la réponse est souvent la même : on apprend et on fait. Pas le temps de se plaindre ou de pleurer (en tout cas, pas en public, parce qu’il faut tenir). Pas le temps d’y réfléchir pendant des semaines non plus : il faut être inventif et efficace, et ça les Ukrainiens le font merveilleusement bien.
Oh, et une dernière chose que j’ai trouvée “très ukrainienne”, c’est la façon dont on est accueilli, de manière très naturelle, très fluide, comme si on se connaissait déjà. Je serais incapable de mettre les gens aussi à l’aise dans ma propre maison !

– Votre vie a-t-elle changé après votre voyage en Ukraine ? Pouvez-vous nous partager votre expérience du retour en France ?
– Le retour en France a été très difficile, parce que la vie “normale” me semblait insupportable. Le peintre Pierre Bergé (Pedro), qui a passé beaucoup de temps à Tchernihiv depuis le début de l’invasion, m’a dit un jour : “La guerre réussit cet exploit terrible de nous mettre en colère contre la paix”. Et c’est vrai. Voir mes semblables vivre leur vie tranquillement me mettait en colère, et j’ai eu un mal fou à supporter les moments de la vie quotidienne avec mes proches. J’avais l’impression que l’on faisait quelque chose de mal. Je n’ai d’ailleurs jamais éteint l’application d’alertes aériennes sur mon téléphone, j’avais besoin d’être au courant des bombardements, même si je ne pouvais absolument rien y faire. Je sais bien qu’en faisant ça, je ne rends pas service aux Ukrainiens, bien au contraire car celles et ceux que je connais là-bas ont autre chose à faire que de me rassurer quand je m’inquiète pour eux. Il m’a fallu aussi lutter contre mon désir de retourner en Ukraine le plus vite possible, lutter contre cette illusion que je serais plus utile là-bas. C’est en fait très présomptueux de ma part que de croire que ma présence là-bas va faire une différence, d’autant que je n’ai pas d’expertise particulière à apporter. Les Ukrainiens savent ce qu’ils font, ils le font admirablement bien, et ils savent de quelle aide ils ont besoin. Il y a des Français qui sont utiles et efficaces là-bas, des gens qui aident à la logistique, la reconstruction, l’évacuation des blessés et beaucoup d’autres choses admirables.
Moi mon travail c’est de sensibiliser ici, avec mon film, avec mes prises de parole, avec les projections, avec cette interview.
– Vous souvenez-vous de votre première projection de film en France ?
– Oui ! La première projection a été organisée par l’association Mriya Ukraine : c’est justement cette association qui a organisé notre voyage à Lviv. La grande première s’est tenue à l’occasion de la date “anniversaire” de l’invasion à grande échelle, en février dernier, dans la salle Anna Politkovskaïa de Grenoble. Plusieurs de mes compagnons de voyage étaient présents et ont participé avec moi aux échanges avec le public : c’était pour certains d’entre nous la première fois que l’on se retrouvait depuis notre retour en France, c’était très émouvant.

— Et qui était dans le public ?
– Il y avait dans la salle à la fois des Français, dont certains connaissaient la situation en Ukraine et d’autres non, mais aussi des réfugiées ukrainiennes. Ce sont les réactions de ces Ukrainiennes qui m’ont le plus marqué, car je n’avais pas idée que mon film pourrait les bouleverser à ce point. Je pensais ne rien leur apprendre, avec ce court aperçu, ma vision de Français qui n’a presque rien vu de l’Ukraine. Mais beaucoup m’ont dit que j’avais réussi à trouver les mots qui leur manquaient, que j’avais réussi à traduire ce qu’elles avaient dans le cœur, et cela m’a beaucoup touché. Elles m’ont dit que je devais montrer ce film partout, et c’est ce que je m’efforce de faire.
– Existe-t-il aujourd’hui une version du film avec des sous-titres ukrainiens ?
– Oui ! Après avoir assisté à une projection de mon film, une Ukrainienne réfugiée en France m’a proposé de le traduire intégralement. Je n’ai pas compris en quoi c’était intéressant pour des Ukrainiens de voir ce film : comment un Français qui a passé dix petits jours à Lviv peut avoir des choses à apporter aux Ukrainiens ? Mais elle a insisté, elle m’a dit que mon regard avait plus de valeur à leurs yeux que les analyses occidentales habituelles. Et comme cette femme est une interprète professionnelle, sa traduction est de très grande qualité. C’est un honneur pour moi !
– C’était donc une bonne idée ?
– Oui ! Nous avons pu projeter le film sous-titré pour des réfugiées ukrainiennes dans plusieurs villes de France, et elles m’ont dit : « montrez ce film aux français, et allez aussi le montrer en Ukraine, c’est important ».
– La presse française était-elle présente à vos présentations ?
– Je n’ai pas convié la presse. Déjà, parce que tout cela est nouveau pour moi et que je ne savais pas comment faire. Ensuite, parce que je ne me sentais pas légitime : je ne veux pas me prendre pour quelqu’un d’important, ou me faire passer pour un cinéaste (je n’en suis pas un). Mais je me rends compte que ma timidité est assez stupide, car si je veux montrer mon film au plus grand monde, il faut qu’on en parle !
– Donc vous avez changé d’approche ?
– Oui… Faire le film n’était que le début du travail : maintenant il faut le faire connaître. Ici en France c’est le média en ligne “Les Humanités” qui le premier m’a accordé un long entretien, puis une journaliste a assisté à une de mes projections et m’a consacré une pleine page dans l’Est Républicain. Il faut que je continue, et je suis très heureux de répondre à vos questions aujourd’hui.
– Est-ce pour cette raison que vous avez fait les démarches pour la projection légale de votre film en France ?
– Absolument. C’est assez inhabituel pour les non-professionnels comme moi, donc cela m’a pris plusieurs mois avant que ma demande n’aboutisse. Mais c’était important pour que mon documentaire puisse toucher un plus large public. A ce jour, je n’ai pas de distributeur et je contacte les salles de cinéma par moi-même ou avec l’appui des soutiens de l’Ukraine un peu partout en France. Mais j’ai pu organiser 8 projections cinéma entre septembre et décembre 2025, et au moins six autres sont prévues d’ici mars, près de Pau, Grenoble, Lyon, Nancy ou encore Avignon.
– Je peux imaginer les rencontres et les échanges chargés d’émotion que vous avez vécus !
– Oui ! J’arrive à vingt-sept projections de mon film depuis février 2025, et de chacune je sors changé. Les rencontres avec le public, soutiens de l’Ukraine ou non, me font beaucoup évoluer et m’aident à savoir comment être utile, comment faire mieux, comment pousser plus loin. Les réactions, les questions auxquelles je ne m’attendais pas, les témoignages, viennent toujours enrichir et compléter ce que mon film essaie de dire. Et j’apprends. Et je n’oublie jamais de dire merci.

– J’aimerais conclure notre entretien avec une question sur la musique : on sent qu’elle a une place importante dans votre film. Le choix de la musique était-il spontané ?
– La musique a été fondamentale pour moi dans la construction de ce film, pour plusieurs raisons. La première, c’est que comme je n’avais aucune formation pour le montage d’un film, j’avais besoin de m’aider de la musique pour donner un rythme. Ma première version du montage avait beaucoup plus de musiques car c’était pour moi comme un échafaudage pour faire tenir mon film debout. Ensuite il a fallu en enlever et faire des choix pour laisser place aux messages importants du film.
La seconde raison, c’est que la musique était très présente à Lviv, et que les musiciens faisaient partie intégrante de ce dont je voulais témoigner. La résistance ukrainienne passe par l’art, la culture, par ces chansons qui rassemblent et montre que la vie est bien là.
– Oui, c’est tout à fait juste !
– Tous les soirs je me promenais dans la ville et la musique était partout. Elle était un des ingrédients indispensables pour être en vie, pour être ensemble… et pour être Ukrainien. Même si je ne pouvais pas tout montrer, c’était important pour moi que le spectateur ressente cette omniprésence, c’est pourquoi j’ai tenu à laisser le temps filer sur certaines chansons. Et puis, c’est beau !
– Quels groupes ukrainiens ont créé l’inspiration musicale du film « De ma fenêtre » ? Comment les avez-vous choisis ?
– En fait, dès le début de l’invasion à grande échelle, une des manières pour moi d’affirmer mon soutien aux Ukrainiens , ça a été d’écouter leur musique. J’ai découvert progressivement, des choses très différentes que les Ukrainiens chantaient ou jouaient lors des manifestations à Paris : ça allait de la Mélodie de Skoryk à Okean Elzy, en passant par l’hymne national, Odyn v Kanoe ou Kalush. Donc pendant mon séjour à Lviv, j’avais déjà ces musiques en tête, même si je n’en comprenais pas les paroles. Toutes les chansons ukrainiennes que j’ai ajoutées dans le film (de Khrystyna Soloviy, Odin v Kanoe, ou encore BOTASHE) étaient donc un choix à la fois instinctif (parce que ces musiques “me parlent”) et réfléchi (je vérifiais toujours quelles étaient les paroles pour affiner mes choix). J’ai aussi découvert d’autres artistes après mon retour, comme DakhaBrakha dont les chansons sont musicalement très riches et émotionnellement fortes.
– Oui, le groupe DakhaBrakha, mondialement connu, à l’instar de nombreux autres groupes ukrainiens, organise des tournées de concerts et collecte des fonds pour soutenir les forces armées ukrainiennes et les Ukrainiens des territoires temporairement occupés. De nombreux musiciens du monde entier se joignent à cette noble cause. Et plus généralement, de nombreux musiciens à travers le monde s’opposent à la guerre.
– Oui ! L’art et la musique en particulier font partie du combat pour la liberté. En choisissant ces musiques, j’ai essayé de rendre hommage à tout ce que je trouve beau et fort, y compris à des artistes pas du tout Ukrainiens, comme le groupe Low que j’écoute depuis toujours et qui accompagne la séquence sur Marioupol, ou encore la chanson iranienne “Baraye” qui célèbre la révolution “Femme, vie, liberté”, mais qui pour moi pourrait représenter beaucoup d’autres luttes, comme celles des Ukrainiens, des Afghans ou des Géorgiens par exemple.
Conclure le film avec cette chanson, c’était rappeler que la guerre menée par les fascistes comme Poutine n’est pas seulement l’affaire des Ukrainiens, mais du monde entier.
Anna Arkhypova
Photos fournies par Guillaume Sauzedde
